Caractérisation des particules PM10 dans la vallée du Paillon

 

Sommaire :

Contexte et objectifs

Moyens mis en oeuvre

Sites de mesure

Paramètres mesurés

Instruments

Calendrier

Vallée du Paillon : un contexte très spécifique

La vallée du Paillon est située dans le proche arrière pays de Nice (au Nord). Cette vallée, qui se sépare en deux branches à la hauteur de Cantaron, se caractérise par une aérologie assez spécifique (régime de brises de vallée et forte inversion thermique) et par une activité économique importante (cimentiers, carrières, incinérateur d’ordures ménagères, trafic routier conséquent avec une part notable de poids lourds,...). Ces deux conditions réunies en font une zone particulièrement propice à l’accumulation de polluants atmosphériques.

Station de Contes la Roseyre

Station de Peillon les Novaines

Depuis plus de 15 ans, Atmo PACA y surveille la qualité de l’air grâce aux 2 stations de mesures permanentes (Contes et Peillon influencées notamment par les activités industrielles), et aux campagnes de mesures temporaires.

Le dispositif de mesure permanent de la vallée est progressivement renforcé en liaison avec les nouvelles demandes réglementaires. Ainsi, au-delà des PM10 (particules de diamètre inférieur à 10 µm) la mesure des PM2,5 (particules de diamètre < 2.5 µm) et des Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) a été mise en place en 2008, et celle des métaux lourds est effective depuis le début de l’année 2009.

 

 

Depuis 2005, des dépassements des valeurs limites européennes pour les particules en suspension (PM10) sont enregistrés sur les sites permanents (pour plus d’informations sur les seuils réglementaires voir la rubrique repères).

Atmo PACA a été sollicité par l’Etat afin d’améliorer la connaissance sur les particules dans la vallée. L’objectif est d’apporter des éléments d’aide à la décision pour mettre en place des plans de réduction des rejets.

L’étude, qui a débuté à la mi-novembre 2008, vise à :

Améliorer les connaissances sur la pollution particulaire dans la vallée du Paillon et mieux comprendre les processus qui en sont à l’origine,

Evaluer, pour les PM10, les contributions respectives des différents émetteurs : niveau de fond terrigène, part de l’activité industrielle, part des transports, écobuage, chauffage...

Estimer l’étendue des zones dépassant la valeur limite en PM10 dans la vallée.

Un protocole d’étude a donc été établi en partenariat avec différents laboratoires de recherche.

 

Pour mieux comprendre

Niveaux de PM10 sur les stations permanentes de la vallée du Paillon en 2007 et 2008 :

PM10 en µg/m3

 

Peillon

Contes

Antibes Jean Moulin

Cagnes-sur-Mer

Moyenne annuelle (valeur limite pour la protection de la santé humaine : 40 µg/m3/an)

2007

42

45

36

32

2008

39

43

34

31

Maximum journalier

2007

84
(25/05)

112
(07/12)

82
(07/12)

74
(07/12)

2008

105
(29/01)

99
(11/09)

72
(16/10)

74
(28/05)

Nombre de jours de dépassement de la valeur limite journalière pour la protection de la santé humaine (50 µg/m3/jour ; tolérance 35 jours/an)

2007

95

129

38

17

2008

70

95

41

23

Les stations d’Antibes Jean Moulin et Cagnes sur Mer sont des stations urbaines, fournies ici à titre indicatif et comparatif.

 

Un dispositif d’étude conséquent

Une quinzaine de sites de mesure

Afin de prendre en compte le maximum de critères, les mesures sont réalisées dans plusieurs sites et si possible de façon simultanée :

- dans l’environnement immédiat des deux cimentiers,

- dans la vallée du Paillon dans une zone sous forte influence ‘trafic routier’,

- en milieu plus rural, afin d’obtenir une référence de fond.

Les sites ont été retenus en fonction de la topographie, des activités industrielles ou du trafic, de la végétation et des contraintes techniques :

3 sites à Peillon (Station permanente des Novaines, particulier à Borghéas, parking de la salle polyvalente),

2 sites à Contes (Station permanente de la Roseyre, parking du Pilon),

1 site à Saint André de La Roche,

1 site à l’Escarène (Ecole communale).

 

 

Site sous moindre influence des sources

 

Site sous influence du trafic routier

Salle polyvalente de Peillon

Afin d’évaluer la zone d’impact effective du trafic, des mesures sont réalisées perpendiculairement aux deux axes principaux. Les mesures sont effectuées à intervalles réguliers en s’éloignant progressivement de l’axe (transects). Ces transects sont situés à la hauteur des 2 stations permanentes de Peillon les Novaines et Contes la Roseyre, sur une largeur d’environ 30 mètres, soit 8 points supplémentaires de mesure.

 

Carte d'implantation des sites de mesure

 

Quels composés ? Quels paramètres ? Pour quelles sources ?

Connaître la quantité de particules dans l’air et décrypter la composition chimique de l’aérosol

Les normes concernant les particules (PM10) sont basées sur leur concentration en masse dans l’air ambiant, exprimée en µg/m3. Ces mesures sont réalisées sur 4 des sites et seront éventuellement étendues sur les transects.

La composition chimique est déterminée en prélevant la matière sur des filtres spécifiques qui sont ensuite analysés par les laboratoires de recherche partenaires.

Ci-contre : Filtres de prélèvement avant et après l'exposition

 

Le prélèvement a lieu par cycles diurne et nocturne - de 7h le matin à 19h puis de 19h à 7h le lendemain - afin de prendre en compte les différences d’activités et de conditions météorologiques.

Les analyses portent sur :

La matière carbonée, avec notamment le carbone organique (OC) et le carbone élémentaire ou carbone suie (EC).

Le carbone élémentaire (EC) est émis directement dans l’atmosphère au cours des processus de combustion (combustion de fuel fossile ou de biomasse). Un rapport EC/OC supérieur à 1 traduit la proximité d’une une source de combustion.

La matière inorganique, constituée d’ions (cations et anions) tels que sodium, potassium, ammonium, fer, sulfate, chlore…,

La présence de ces ions, ou le calcul de leur rapport, donne une indication sur certaines sources – sodium et chlore pour la source marine, …

Le lévoglucosan, traceur de la combustion de biomasse (écobuage notamment),

Les métaux lourds, tels que arsenic (As), cadmium (Cd), nickel (Ni), plomb (Pb) qui ont des seuils réglementaires et d’autres métaux tels que le vanadium (V), traceur du fuel lourd industriel, le silicium (Si) et l’aluminium (Al) composants de la croûte terrestre.

Les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP), représentatifs de la combustion,

Et d’autres composés issus des émissions routières : alcanes, hopanes, stéranes.

 

Croiser les informations

Le recueil d’informations complémentaires peut faciliter l’interprétation des résultats.

Les oxydes d’azote, bons traceurs de la pollution routière sont suivis sur 12 des sites, soit par analyseur physicochimique soit par tubes passifs (pour en savoir plus sur le volet technique voir notre rubrique outils de surveillance/méthodes de mesure).

Ci-contre : Tubes passifs au dioxyde d’azote implantés perpendiculairement à la route

Un équipement météorologique a été installé à la station des Novaines. Vent, température et humidité relative informent sur les conditions de dispersion, de transport et de transformation des aérosols.

Des comptages routiers sont effectués à la hauteur des deux stations permanentes d’Atmo PACA située à Contes et Peillon. Ceci permet de connaître l’importance du trafic dans ces zones et de différencier les véhicules légers, des poids lourds.

 

Matériels déployés durant l'étude sur les différents sites

 

Station permanente (NO2, PM10)
Mesure 24h/24

Mesure des PM2.5
Mesure 24h/24

Elements chimiques analysés sur les PM10 :
Matière carbonée, matière ionique, traceurs de combustion de biomasse, traceurs des transports, HAP, Métaux lourds
Mesure par pas de 12h

Transects :
tubes passifs NO2 (mesures cumulées sur 15j)
et analyseurs de PM10

Laboratoire mobile
(NO2, SO2, PM10)
Mesure 24h/24 par campagne de 1 mois

Contes Roseyre

X

 

X

X

 

Contes Pilon

 

 

 

 

X

L'Escarène

 

 

X

 

 

Peillon Novaines

X

X

X

X

X

Peillon Salle Municipale

 

 

 

 

X

Borghéas

 

 

X

 

 

St André La Roche

 

 

HAP uniquement

 

 

 

Apporter des informations "inédites"

En parallèle, Atmo PACA en coopération avec l’ADEME et la société Léosphère réalise une étude expérimentale au moyen d’un LIDAR (Light Detection And Ranging).

Le partenariat mis en place est intéressant, non seulement parce que c’est une étude pilote, mais aussi parce les renseignements ainsi recueillis sont susceptibles d’apporter des informations qu’aucune autre méthode utilisée ne peut fournir.

Le LIDAR permet de connaître à un instant donné la structure verticale et horizontale de l’atmosphère. Le LIDAR fait partie de la famille des appareils de télédétection (mesure à distance).

La technique consiste à envoyer des impulsions laser dans l’atmosphère et à mesurer leur rétrodiffusion (trajet de retour) en fonction du temps. Le faisceau laser est à la fois diffusé et absorbé par les particules contenues dans l’atmosphère.


Le tir peut avoir lieu :

à l’horizontal selon un champ assez large pour cartographier un vaste domaine,

à la verticale afin notamment d’étudier la stabilité de l’atmosphère.


Différentes zones de la Vallée et du milieu urbain de Nice font l’objet d’analyses sur la répartition verticale et horizontale des particules dans l’atmosphère.

 

Calendrier d’une année de campagne

Les campagnes de mesures intensives sont effectuées dans des conditions météorologiques et environnementales très différenciées et sur des périodes suffisamment longues pour être représentatives d’une année complète. Les activités sont également variables en fonction des saisons : écobuage, moindre trafic en vacances scolaires, …

Campagne hivernale : mi novembre-mi janvier
Campagne estivale : mai-septembre

Un rapport d’étape est programmé à l’été 2009 suite à la campagne hivernale. Le rendu final est prévu début 2010.