Etat initial de la qualité de l'air autour du projet tramway – Nice Côte d’Azur


©Crédit photo : Olivier MEYER - Tramway Alstom Citadis de Nice

 

Sommaire :

Contexte et objectifs

Campagnes de mesures

Dioxyde d'azote

Benzène

Emissions de polluants

Dioxyde d'azote

Benzène

Modélisation

Conclusion et perspectives

Contexte et objectifs

L’étude consiste à évaluer l’état initial de la qualité de l’air de la communauté urbaine de Nice Côte d’Azur (NCA) le long du trajet du futur tramway. Cette étude est réalisée en partenariat avec NCA dans le cadre de l’élaboration du dossier d’utilité publique pour l’extension du réseau des lignes de tramway.

Campagnes de mesures

Deux campagnes de mesures par échantillonnage passif ont été menées en mars et juin 2008 pour évaluer les concentrations en dioxyde d’azote et en benzène, polluants indicateurs du trafic automobile. Afin de définir la dispersion des polluants de part et d’autres de l’axe 13 coupes perpendiculaires au tracé du futur tramway ont été réalisées.

Deux laboratoires mobiles (à La Trinité et au Square Wilson, Nice) sont venus compléter les données des 4 stations permanentes présentes dans la zone d’étude (Cagnes-sur-Mer, Nice Ouest Botanique, Nice Pellos et Nice aéroport).
Les 160 sites le long du futur tracé sont représentatifs des différents environnements rencontrés : trafic, urbain dense, périurbain, rural...
Les teneurs évaluées sont comparées aux valeurs réglementaires.

     

Tracé des lignes de tramway (projet mars 2009)

 

DIOXYDE D’AZOTE

81 sites de mesures (sur les 159 échantillonnés) enregistrent des concentrations supérieures à la valeur limite de 40 µg/m3 (2010).
- Pour la plupart, ces sites sont de typologie « trafic » ou « urbain ». Les sites « trafic » sont situés à proximité des autoroutes, ronds-points, passerelles et artères de trafic important. Les sites « urbains » sont représentatifs des quartiers les plus urbanisés de l’agglomération notamment au centre et au niveau de la Trinité.
Les concentrations les plus élevées ont été relevées au niveau des sites suivants :
• promenade des Anglais, dans le quartier Carras, avec 84 µg/m3,
• promenade des Anglais, dans le quartier Magnan, avec 82 µg/m3,
• rond-point entre le boulevard Général de Gaulle et le pont Anatole France, avec 80 µg/m3,
En résumé, les niveaux de pollution les plus élevés, avec constat de dépassement de la valeur limite pour le dioxyde d’azote, sont situés près des axes majeurs de Nice, et sur l’ensemble des quartiers du centre ville.
Les communes sur le pourtour de Nice ont une pollution modérée grâce à un bâti urbain moins dense. Des dépassements de valeur limite subsistent, en liaison avec un trafic important.
Sur le contrefort des reliefs (Mont Chauve, Saint-Jeannet) au Nord de Nice et de Saint-Laurent-du-Var, la qualité de l’air est meilleure du fait d’une ventilation plus marquée et d’un trafic routier moins dense.

Pour les transects, il existe un faible gradient de dispersion le long de l’Avenue Jean Médecin. De façon générale, les points côté « mer » restent nettement moins exposés que ceux côté « ville ».


Estimations des moyennes annuelles 2008 en dioxyde d’azote

BENZÈNE

Les concentrations en benzène sont plus importantes en hiver, en raison d’une stabilité atmosphérique plus marquée. Les concentrations été, hiver varient de 1 à 5,5 µg/m3, avec une moyenne annuelle de 1,9 µg/m3. En juin, période estivale, la moyenne baisse : 1,1 µg/m3, avec une série de valeurs s’échelonnant de 0,5 à 3,1 µg/m3.

Emissions de polluants

L’inventaire des émissions sur NCA est une estimation des flux de polluants émis dans l’atmosphère pour divers types de sources anthropiques et naturelles. Ils sont exprimés en masses de composés émis par unité de temps. Les émissions calculées sont ensuite redistribuées spatialement à l’échelle du kilomètre. Plus de 30 polluants rejetés ont été étudiés.
Les émissions de la Communauté Urbaine Nice Côte d’Azur représentent de 1% (SO2) à 6 % (NOx) des émissions de la région PACA et de 23 à 46 % des émissions des Alpes-Maritimes.
Cette part importante des émissions de polluants de NCA au sein du département s’explique notamment par la taille de la Communauté Urbaine dont le nombre d’habitants correspond à plus de la moitié du département des Alpes-Maritimes.

consulter les émissions

Part de chaque secteur d’activité dans les émissions de NCA

LES ÉMISSIONS SUR NCA PAR SECTEURS D’ACTIVITÉS sont prises ici en exemple.
L’analyse sectorielle des émissions sur le territoire de NCA indique une nette prédominance du secteur des transports et ce quel que soit le polluant étudié ici. Les transports routiers sont émetteurs d’environ 80 % des NOx, du CO et des PM. Les transports non routiers représentent plus de 50 % des émissions de SO2.
Cette répartition sectorielle s’explique par le trafic important présent sur les principaux axes circulants de l’agglomération (autoroute A8 : 70 000 véhicules/jour, Route Nationale 202: 50 000 véh./j, Promenade des anglais : 65 000 véh./j). Les teneurs en soufre des carburants maritimes ont un impact important sur les émissions de SO2 du port de Nice.

Modélisation

La modélisation permet de simuler à haute résolution la qualité de l’air de proximité à l’échelle de la rue et à l’échelle de l’agglomération en tenant compte de toutes ces sources.
Les cartes ci-dessous présentent les concentrations moyennes annuelles en 2008 pour deux polluants majoritairement traceurs de la pollution routière : dioxyde d’azote et benzène, sur une bande de 1km de part et d’autre du tracé du tramway (projet de mars 2009).
Les cartes tiennent compte des émissions sur la zone d’étude, de la météorologie et intègrent les phénomènes de chimie et de dispersion. Le modèle utilisé, ADMS-Urban, a été validé à partir de campagnes de mesure en été et en hiver sur 160 points du territoire.

DIOXYDE D’AZOTE

Le centre ville de Nice, le port et les abords des principaux axes routiers restent les zones les plus impactées. Sur les axes routiers principaux, les concentrations atteignent les 60 µg/m3, supérieures à la valeur limite pour 2010 (40 µg/m3, à partir de la couleur rouge sur la carte). A la limite de la bande kilométrique (vallée du Var), les concentrations diminuent avec un niveau de fond compris entre 5 et 25 µg/m3. Il existe un fort contraste entre les zones à forte densité urbaine (concentrations les plus élevées) et les collines de Nice, les hauts de Cagnes-sur-Mer ou de Saint-Laurent-du-Var où les moyennes se situent autour de 20 µg/m3. Ceci souligne une des caractéristiques du territoire où le relief a contraint l’urbanisation sur un espace réduit, favorisant l’accumulation des polluants.

Concentrations annuelles 2008 en dioxyde d’azote (NO2)

BENZÈNE

Les valeurs maximales en benzène sont localisées en centre ville et sur les principaux axes routiers, là où le trafic est saturé. Les sites les plus exposés en benzène sont aussi ceux pollués en dioxyde d’azote. Les niveaux atteignent des valeurs supérieures à 4 µg/m3 sur les grands axes routiers, au-delà de l’objectif de qualité (2 µg/m3) mais, pour la plupart, inférieures à la valeur limite pour 2010 (5 µg/m3). Les concentrations diminuent rapidement en fonction de la distance aux voies pour atteindre un niveau inférieur à 1 µg/m3 à un kilomètre de distance. Tout comme pour le dioxyde d’azote, de forts gradients de concentrations sont observés. La topographie de NCA conditionne un urbanisme contrasté, à l’origine d’une variabilité notoire.

Concentrations annuelles 2008 en benzène (C6H6)

Conclusion et perspectives

Sur la longueur du trajet pressenti (projet de mars 2009), 50 % du trajet présentait en 2008 des concentrations en NO2 supérieures au seuil réglementaire de 40 µg/m3.
Un fort potentiel d’amélioration de la qualité de l’air est donc envisageable en proximité immédiate du tracé par une réduction du trafic routier.

Néanmoins, un report du trafic sur les artères connexes au tracé du tramway est prévisible. Une étude d’impact englobant un espace plus large autour de l’axe (un kilomètre de part et d’autre) permettrait de quantifier la pollution à laquelle il faut s’attendre, en intégrant les futurs reports de trafic. En cela, les cartes réalisées par Atmo PACA constituent un état initial et une référence pour la future étude d’impact.